BARTHELEMI. (Maffacre de la Saint) Cet événement, dont il feroit à fouhaiter que la mémoire fût enfevelie pour toujours dans l’oubli, arriva le dimanche 24 août 1572, la nuit de la Fête de la S. Barthelemi; & il y eût environ 2000 perfonnes de tuées dans la Capitale, & 30000, tant à Paris que dans les Provinces. Dans cette boucherie, on confondit plufieurs Catholiques avec les Calviniftes. Ceux-là, afin de fe reconnoître les uns & les autres, portoient une écharpe blanche au bras gauche, & une croix de la même couleur à leur chapeau, & il y avoit des lumières à toutes les fenêtres.
On mit en délibération fi l’on excepteroit le Roi de Navarre & le Prince de Condé. A l’égard du Roi de Navarre, tout le monde fut de cet avis. La dignité royale, difoit-on, & l’alliance qu’il venoit de contracter avec Charles IX, demandoient qu’on en ufât ainfi. D’ailleurs, il paroiffoit trop odieux d’affaffiner ce Prince dans le Palais, à la vue du Roi, fon beau-frère, & pour ainfi dire, entre les bras de la Reine, fon époufe.
On décida qu’il ne feroit jamais poffible de colorier une telle action; & que tout ce qu’on pourroit alléguer, pour en charger les Princes Lorrains, ne juftifieroit point le Roi. Il y eût plus de difficulté pour le Prince de Condé. La haine qu’on avoit portée à fon père, penfa lui être fatale. Cependant, fon rang & les inftances du Duc de Nevers, qui fe rendit garant de la foumiffion & de la fidélité de ce Prince, lui fauvèrent la vie.
Cependant Charles IX flottoit dans l’incertitude, à la vue de l’affreufe fcène qui étoit fur le point d’éclater. Comme la Reine vit le Prince pâlir, & une fueur froide lui couvrir le front, elle lui reprocha fon peu de courage. » Quoi ! s’écria-t-elle, vous n’ofez vous défaire de gens qui ont fi peu ménagé votre autorité & votre perfonne » ? Charles IX, piqué de ce mot, prit feu tout-à-coup, & ordonna que l’on commençât. Pour ne pas laiffer ralentir la colère du Roi, Catherine de Médicis fit donner à l’heure-même le fignal, qui ne devoit fe donner qu’une heure avant le jour. A l’inftant, le Roi, qui, effrayé du fang qu’on alloit répandre, venoit de commander qu’on fursît encore, prit définitivement fon parti. Ne fe donnant pas le tems d’envoyer au Palais pour faire fonner le tocfin, il le fit fonner à Saint-Germain-l’Auxerrois.
La première victime fut l’Amiral Coligny. Un Allemand nommé Bême, qui avoit été domeftique dans la maifon de Guife, força la chambre de l’Amiral; & l’épée à la main, à la tête des Affaffins, il lui dit: Eft-ce toi qui es Coligny ? C’eft moi-même, répondit ce Seigneur, d’un air tranquille, lui montrant fes cheveux blancs: Jeune-homme, pourfuivit-il, tu devrois refpecter mon âge, mais acheve. Tu ne peux abréger ma vie que de fort peu de jours, Pour toute réponfe, Bême lui plonge fon épée dans le corps, & l’en retire pour faire plufieurs cicatrices à l’Amiral fur le vifage. On rapporte que Coligny fe fentant frappé, s’écria: Au moins, fi je périffois par la main d’un homme de cœur, & non par celle d’un miférable valet ! On jetta fon corps par la fenêtre.
La populace lui fit mille indignités; elle lui coupa la tête, traîna le tronc par les rues, & le porta enfuite à Montfaucon, où il fut attaché aux fourches patibulaires. Au-deffous de ce tronc, on alluma du feu, qui le grilla fans le confumer. Il demeura là expofé pendant quelques jours. François de Montmorency le fit enlever fecretement, & le fit tranfporter à Chantilly. Selon d’Aubigné, l’on fit confumer les chairs dans de la chaux. En 1582, les os furent portés à Montauban. La Princeffe d’Orange, fille de l’Amiral, les fit enfuite porter en Hollande, où ils demeurèrent jufqu’en 1608. Lorfque la mémoire de Coligny eût été réhabilitée, ces os furent rapportés en France, & dépofés, à Châtillon-fur-Loin dans la chambre des Archives. Sur le coffre de plomb, dans lequel ils font enfermés, on lit cette épitaphe:
Magni illiûs Franciae Admiralis Gafparis à Coliniaco, hujufce loci Domini, offa in fpem refurrectionis hic funt deposita, anima autem apud eum, pro quo conftantiffimè pugnavit, recepta.
C’eft-à-dire: » Ici, en attendant la réfurrection, repofent les os de Gafpard de Coligny, Amiral de France, Seigneur de ce lieu. Son ame eft dans le fein de celui pour qui il n’a ceffé de combattre ».
Nous n’entreprendrons point de donner ici la lifte des Proteftans & des Catholiques de diftinction qui périrent dans cette fatale journée; le Lecteur peut lire les Hiftoires qui en parlent. Nous citerons feulement Pierre Ramus, ou la Ramée, qui eft digne, du moins par fon mérite perfonnel, de figurer parmi eux. Il fut jetté par une fenêtre du Collège de Prefle. La jaloufie de Charpentier, autre Profeffeur, lui caufa la mort. Ils s’étoient échauffés, Charpentier à défendre la Philofophie d’Ariftote, & Ramus à la combattre; de forte que celui-ci fut profcrit, moins comme ennemi de la doctrine de l’Eglife, que comme ennemi des opinions Péripatéticiennes. Ramus étoit né dans le Vermandois, en 1515. Il étoit Profeffeur au Collège-Royal & Principal du Collége de Prefle, où il avoit enfeigné long-tems. Tout le monde fait qu’il a fondé au Collège-Royal une chaire de Mathématiques. On prétend que fon père étoit Gentilhomme; mais qu’ayant été chaffé de Liège, fa patrie, il avoit été réduit à fe faire Charbonnier pour fubfifter.
» On attribue communément les forfaits de Catherine de Médicis, dit M. de Saint-Foix, Eff. fur Paris, tom. 4, p. 76, à l’ambition de gouverner, & à l’embarras où elle fe trouvoit entre les Guifes & les Chefs du parti calvinifte: pour moi, continue-t-il, après avoir lu, examiné & difcuté tout ce qu’on a écrit pour & contre, je penfe que formée pour brouiller & détruire, il en étoit de fon ame comme d’un être infecté dans fon germe, & qui devient un fléau; qu’une autorité fans troubles ne l’eût point flattée; qu’elle ne fe plaifoit qu’au milieu des orages, & qu’elle auroit femé la difcorde & la divifion dans la Cour la plus tranquille & la plus foumife. Rien ne dévoile mieux toute l’horreur de fon caractère, que l’éducation de fes enfans. Elle vouloit que des combats de coqs, de chiens, d’autres animaux, fuffent une de leurs récréations ordinaires. S’il y avoit quelque exécution confidérable à la grève, elle les y menoit. Et pour les rendre auffi lafcifs que fanguinaires, elle donnoit de tems en tems de petites Fêtes, où fes Filles d’honneur, les cheveux épars, couronnées de fleurs, fervoient à table à demi-nues. Charles IX, avec le cacactère le plus impétueux, avoit d’ailleurs de grandes qualités: l’éducation les pervertit entièrement. Papire Maffon rapporte qu’un des grands plaifirs de ce Prince, étoit de montrer fon adreffe à abattre, d’un feul coup à la tète des ânes & des cochons qu’il rencontroit dans fon chemin, en allant à la chaffe; & qu’un jour Lanfac, un de fes Favoris, l’ayant trouvé l’épée à la main contre fon mulet, lui demanda gravement: quelle querelle eft donc furvenue entre Sa Majefté Très-Chrétienne & mon mulet ? Carolo irruenti in mulum Lanfaci, inter aulicos gratiofi, quod tibi diffidium, inquit, cum mulo meo interceffit, Rex Chriftianiffime ?
» Catherine de Médicis, les Guifes, le Chancelier de Birague & les Gondis, étoient des étrangers qui gonvernoient le Royaume: ils formèrent & dirigèrent le complot du maffacre de la Saint-Barthelemi; il me femble, ajoute M. de Saint-» Foix, qu’on doit en reprocher un peu moins l’horreur à notre Nation, que celle des profcriptions aux Romains: Sylla & Augufte étoient Romains, ibid, p. 79.
Dans ces tems malheureux, les Princes & les principaux Chefs Catholiques & Proteftans moururent malheureufement, ou d’une façon fingulière. Henri II, d’un éclat de lance dans l’œil; Charles IX, vomiffant fon fang; Henri III & Henri IV affaffinés; Antoine de Bourbon, Roi de Navarre, bleffé au fiège de Rouen, pour n’avoir pas été le maître de fa paffion pour Mademoifelle de Rouen, après que les Chirurgiens eurent panfé fa bleffure; Anne de Montmorenci, Connétable de France, des bleffures qu’il avoit reçues à la bataille de Saint-Denis; François, Comte d’Enguien, d’un coffre qui lui tomba fur la tête, en fe divertiffant avec fes Favoris, au Château de la Roche-Guyon; Henri de Bourbon, Marquis de Beaupréau, d’une chûte de cheval à la chaffe; Louis I, Prince de Condé, affaffiné par Montefquieu, après la bataille de Jarnac; Henri I, Prince de Condé, empoifonné à Saint-Jean-d’Angeli; le Maréchal de Saint-André, tué de fang-froid par Bobigni, à la bataille de Dreux; Francois de Clèves, tué par accident à la même bataille, par fon meilleur ami; François de Guife, affaffiné par Jean Poltrot de Méré au fiège d’Orléans; Henri de Guife & le Cardinal de Guife, enfin punis & tués à Blois; le Cardinal de Lorraine, empoifonné à Avignon, par un Moine; & le Cardinal de Châtillon, à Hampton, par fon Valet-de-chambre; l’Amiral André de Villars-Brancas, prifonnier des Efpagnols, poignardé par l’ordre de Courteras, leur Commiffaire-général, des cinq frères Joyeufe, Anne & Claude furent tués indignement par les Capitaines Bourdeaux & Defcentiers, à la bataille de Coutras; Georges fut trouvé mort d’apoplexie dans fon lit, la veille de fes noces; Antoine Scipion fe noya dans la rivière du Tarn, après le combat de Villemar; & Henri, Pair & Maréchal de France, mourut Capucin.

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type
texte imprimé, monographie
auteur(s)
hurtaut, pierre-thomas-nicolas magny
titre(s)
dictionnaire historique de la ville de paris et de ses environs… [document électronique]. tome i, a-b / hurtaut et magny
titre d’ensemble
dictionnaire historique de la ville de paris et de ses environs; 1
lien au titre d’ensemble
dictionnaire historique de la ville de paris et de ses environs
type de ressource électronique
données textuelles
publication
1995
description matérielle
[16]-720 p.
reproduction
num. bnf de l’éd. de genève : minkoff reprint, 1973. 22 cm. isbn 2-8266-0116-4 reprod. de l’éd. de paris : moutard, 1779
sujet(s)
paris (france) – histoire – dictionnaires

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