notre discussion téléphonique d’hier soir portait sur la vie qui se soumettrait à la lettre s’écrivant   je pose des actes pour alimenter le mouvement du texte — le projet n’est pas de dire le repos —   tu ne peux être dite dans le silence le vide l’immobile   la vie est dans l’énergie atomique des électrons qui ribambellent autour du noyau   ce texte est l’étude de ton mouvement   un kinétoscope formé de fragments quotidiens représentant l’énergie de nos vies   devenu une des forces influentes de notre quantité de mouvement   tu me disais être allée chez le coiffeur te faire couper les tifs   tu n’es pas femme à permanente ou couleur   tu vas donc proprement chez le coupe tifs te faire couper les tifs   tu craignais que je n’aime pas   et que tu ne viennes pas me retrouver directement nous jeta dans la fiction :  tu allais retrouver ton amant michel   — c’est son nom de code depuis toujours   nous l’avons beaucoup laissé mariner dans les placards imaginaires et derrière des portes ouvertes –   l’une des fins possibles de ce texte était que tu me quittes   de manières diverses écrites   pour aller te faire écrire chez lui   ou que je te jette parce que je n’aimais pas ta nouvelle perruque   que j’utilise ce prétexte pour écrire un désamour qui risque de manquer ici si nous continuons sans rien faire   je t’ai promis de ne pas te tèje avant d’avoir terminé ce livre   mais le livre peut encore prendre le pouvoir sur nous   mettre en fiction notre quotidien et la fin de cette lettre d(e dés)amour   comme une autre fin possible   une fin réelle ou projetée   le thème de la mort de l’amour est un thème que je connais de côté   par fréquentation antérieure à nous   je peux la décrire comme une mort d’amour   comme celle de la demoiselle d’escalot   par endroits appelée ophélie   elle flotte chez shakespeare et dans la mort le roi artu   en revanche l’amant de nicolas denisot ressuscite de la mort d’amour dans un livre de 1558   la résurrection est elle un privilège masculin   et galehaut dans tout ça?   mais pour toi   floridée   l’arrosoir de la vie t’a maintenue jusqu’à présent   ton plus gros chagrin d’amour est la mort de ton père   que tu as niée et exprimée entre des bras polonais