le un   nombre premier et premier nombre entier naturel   exprime l’unité   noté 1 en chiffre arabe   I en chiffre romain   il appelle immédiatement à mon esprit   le dieu un et indivisible d’israël   ni deux ni plusieurs   un vrai facteur de changement   les dieux faits 1   l’existence sans antithèse logique   sans contraire   dieu unique™ — c’est sa marque de commerce —   n’a personne à sa mesure ni à son niveau   comme l’atout 21 du jeu de tarot   les 4 as à lui tout seul   poser le 21 c’est convoquer dieu face au monde   le poser c’est montrer les faveurs du hasard   et la chance c’est god himself

l’humanité créa le diable   qui n’est qu’un ange déchu   au combat contre l’œuvre de dieu   mais le diable ne peut atteindre dieu lui même   nul ne lutte contre le 21   on le contourne on l’évite on essaie de prédire quand et où il va tomber   pour ne pas s’y trouver à ce moment là  

couple: fait d’espérance de retrouver l’unité scindée de l’être double   aspiration androgyne d’être hermaphrodite à deux   « sommes nous autogames comme l’escargot? » demanda t elle   « l’union de nos sexes va t elle nous réunir à jamais? »   ou est ce juste le plaisir de jouir de nos corps sans qu’ils restent collés ni produisent l’être unique fruit de nous mêmes   1+1=1   l’espèce humaine maintient sa présence au cours du temps en espérant produire dieu à deux   et en échouant   l’humanité perdure parce qu’elle est bouffée par cette névrose

en amour se pose la question de l’unicité de sa direction   je ne parle pas de son sens mais de la question de la mon(o)   gamie / andrie   disons la monanthropie    n’est-ce pas seulement une règle visant le contrôle de l’entropie sociale   imagine le bordel si brusquement nous nous libérions de ce virus et des polarités de nos amours    l’ordre social serait à coups sûrs réchauffé

l’amour est plutôt ce qui prime   la découverte de l’autre   mono pôle de nos pensées   point unique central    dieu unique™ indivisible d’amour   s’il a plusieurs destinataires il est douteux   certainement hérétique   et la société veut brûler la sorcière   parce qu’il outrage les mœurs leurs règles et le culte que la société lui voue

je trouve la monanthropie différente de l’unianthropie   j’ai peu d’affinité pour la première que je perçois comme un choix a contrario   contraint et nécessaire   parce qu’il faut bien choisir   sortir quelqu’un du lot puisque telle est la règle   autant je comprends et suis touché par l’évidence de la seconde   qui nie l’existence d’autres possibilités   l’unianthropie d’une relation amoureuse c’est la reconnaissance de l’unipersonne qui congédie toutes les autres   sans aucun doute   c’est aussi être deux à deux   et non plus seul à deux   c’est le congé de l’ennui   la perception vraisemblable qu’on peut parfois gifler la prégnance du néant   qu’il existe peut être quelque chose plutôt que rien   qu’il existe au moins une persona outre ma pensée   persona dont on s’approche au plus près   auprès de laquelle la politique tend vers zéro

l’étonnement qu’il existe néanmoins un autre moi que moi   contre toute attente   est cette déroute que l’on nomme l’amour   qui déconstruit mes sens et met mes pensées en ébullition   qui ne s’oppose pas à ma volonté ne la contrarie pas mais s’y intègre et la personnifie   l’amour met en forme oblongue ma pensée et ma volonté   décide ouvertement mon désir et motive mes actions

mes amis sont peu illustrés par le deux   ils sont dans l’infini   limité mais supérieur à trois et donc   dans l’indénombrable   au delà du 3 les nombres n’ont plus aucun sens   en dehors des mathématiques et de l’histoire

avec le 1 le divin presque uniquement
pour le 2 c’est l’humain profondément
puis le 3 réunit les deux c’est en lui que dieu et les hommes se tutoient se mélangent et s’ordonnent

dans le deux il y a encore romus et romulus ou abel et caïn   tristan et iseult ou adam et ève quoiqu’il faudrait là y revenir dans le 3   …   le deux c’est aussi la première trace écrite du français   deux frères qui prononcent un serment    louis et charles à strasbourg en 842   louis en langue romane et charles en langue tudesque   que ces deux là s’entendent et hop la première manifestation d’une langue encore parlée   1161 ans plus tard je m’y conçois toujours   quelques évolutions syntaxiques sémantiques et phonétiques plus tard

3 c’est la stabilité inébranlable de la chaise   l’assise parfaite   c’est la dernière marche du podium   la plus méritante   plus intéressante que la première qui ne saurait aller ailleurs   ou la seconde qui a besoin d’un lièvre mais peut encore descendre   l’ordinal deuxième classe un résultat ordinaire que l’on ne photographie pas   alors que le résultat suivant est encouragé   reconnu dans sa performance in extremis et prometteuse   la seconde place n’a pas mérité la première   il lui manque quelque chose   la première m’ennuie et ne raconte pas d’histoire elle dit tout trop rapidement   la première place ne laisse pas assez de place   non je te le dis il faut être troisième ou rien

le trois est magnifique il suggère quelque chose à révéler plus tard   comme l’amant dans un vaudeville   il est léger un peu histrion   il va raconter l’histoire du mari la femme l’amant   ève adam et lilith   tristan marc iseult   le 3 c’est le personnage qui passe par dessus le couple   la troisième dimension qui impose à la géométrie du couple de s’inscrire dans l’espace   debout   pour que le troisième s’allonge avec l’un d’entre eux   c’est la dimension de la fiction   ce qui arrive réel ou pas   à la loupe de la narration   le sexe de l’homme est la corde lieuse   qui unit l’homme à la femme la femme à son amant   crée la descendance et explique l’ascendance   trois c’est les 3 générations du moi   parents moi enfant(s)   qui me fondent et que je fonde   ne parlons pas de jésus marie joseph   ou du père du fils et de l’esprit saint   les dimensions me manquent