début de journée avec gainsbourg l’écho de jane b lancinant   alors je l’écoute en boucle plusieurs fois jusqu’à la satisfaction   je dois me déprendre de ses mots qui asphyxient les miens   je veux t’écrire des chansons pop à succès   des mélodies pour que tu pleures et que tes yeux brillent   quelque chose comme ça   « flora »

mon nom est flore flora je suis
partie de chez lui ce matin
je me suis un peu vite enfuie
disant que je n’en pouvais plus
ce con ne m’a pas retenue
même pas un peu retenue
un peu pâle des tâches de rousseur
quelques vêtements de couleur
chialant là dans ses escaliers
les cinq étages pour bien chialer
je quitte mes bottes sur la route
les pieds me brûlent la cigarette
je fume j’ai oublié comment
tout ça je suis flore flora je suis
flore j’ai oublié déjà ça
l’absence déjà c’est déjà ça
ça comment tout ça commençait
ton regard me sent dans la rue
mon absence lourde sur ton ventre
déjà déjà je chiale plus
j’avance nue sèche de tes mots
est ce qu’on s’est déjà vus dis
est ce que tu vas m’oublier
j’avance nue sèche de tes bras
sèche encore mes larmes de toi
est ce qu’on s’est déjà bus
je sais plus quoi je suis partie
je ris dans la vodka qui m’oublie
la musique tape sur mon ventre
il dit et je dis ce qu’il dit
ton absence lourde sur mon ventre
pèse mon réveil l’étonnement
la présence de ton absence
l’étonnement de manquer de toi
je veux boire ta bouche profaner
ton sexe et l’épice de toi
insignifie les autres femmes
l’épice de toi et mon manque
d’étroitesse de toi je peux pas
emprunter mon corps à ton sexe
et ton absence laisse des traces
de vrai au monde il reste toi
ou te donner des mots d’amour
de violence je veux la folie
manquer de toi si la folie
manquer de l’épice de toi
m’absente et déjà je m’estompe
stop je dis stop crie je crie stop
je suis flore flora et partie
un matin partie de chez toi
je reviendrai mais pas trop vite